Ils ont fait l’Histoire : Philippe le Bel

Retour cette fois dans le domaine de la bande dessinée sur le thème de l’histoire pour signaler la sortie d’une nouvelle série des éditions Glénat « Ils ont fait l’Histoire ». Contrairement à d’autres séries se concentrant sur une période précise comme Murena, les reines de France, ou d’autres, celle-ci cible des personnalités historiques de différentes époques.

Ils ont fait l'Histoire : Philippe le Bel

Un des premiers tomes paru au mois de mars concerne un des rois les plus connus de l’Histoire de France, Philippe IV le Bel. Que retient-on généralement de ce roi sinon l’épisode qui l’a opposé aux Templiers ? Son règne, ne se résume pourtant pas à ces dernières années. Ce qui est intéressant dans cet ouvrage, c’est que le récit ne se concentre pas simplement sur cette dernière période mais sur l’intégralité du règne décrivant en particuliers ses rapports conflictuels avec le Saint-Siège, ses affrontements en Flandre ou contre l’Angleterre.

Le livre, supervisé par des historiens, est complété par quelques pages venant rappeler la conjoncture, l’époque et expliquer les choix narratifs.

Résumer 30 ans de règne en une quarantaine de planches n’est pas chose simple, et c’est un peu frustrant de voir résumer à quelques cases certaines grandes affaires ayant ponctué ces années et qui vont influencer la suite des événements. Cela reste un peu superficiel pour tout passionné d’Histoire, à la recherche de sans cesse plus de précisions, mais permet de se replonger en plein cœur du Moyen-âge et de passer un bon moment.

Partager sur :

On ne meurt qu’une fois et c’est pour si longtemps

Tout le monde connaît Patrick Pelloux, héraut des victimes de la canicule de l’été 2003, de la médecine d’urgence en général, le voici désormais s’aventurant dans les méandres de l’histoire. C’est, je trouve, une agréable surprise, que de le voir ainsi sortir du registre dans lequel on le connaissait habituellement… enfin presque… Pas celui de la dénonciation d’un système de santé en perdition, mais celui des urgences. En effet, dans son ouvrage « On ne meurt qu’une fois et c’est pour si longtemps », qui vient d’être publié en livre de poche, il retrace les derniers jours de quelques grands hommes – et d’un canard – qui, à l’exception de ce dernier auraient pu finir leurs jours au sein d’un service d’urgence.

Couverture du livre de Patrick Pelloux "on ne meurt qu'une fois et c'est pour si longtemps"

Si toutes les personnalités dont les derniers instants son relatés dans ce livre ne font pas partie de l’Histoire à proprement parler on y retrouve néanmoins de nombreux rois et personnalités politiques de différentes époque. En dehors de l’aspect « voyeuriste » que pourraient présenter les différents récits, ils viennent rappeler la nécessité de dépasser les « légendes » existantes sur les personnages historiques et rappeler leur conditions humaines comme n’importe qui d’entre nous. Un exemple ? Charles IX dont Dumas a fait un crime (pour sa défense c’était fréquent en cette période troublée) et dont l’auteur nous expose les symptômes connus dont on s’aperçoit très vite qu’ils rendent inutiles tout recours au poison sauf peut-être pour abréger les souffrances, mais c’est un autre débat. Dans chaque chapitre, Patrick Pelloux rappelle les connaissances médicales et les pratiques de l’époque afin de mieux comprendre les différentes actions faites aggravant parfois la souffrance ou le funeste mal.

Je ferai néanmoins quelques reproches à l’auteur. Le premier, c’est qu’à la fin de la lecture, même en prenant le temps d’expliquer rapidement les pratiques de l’époque, on ressort quand même avec un sentiment – probablement involontaire – d’arrogance à posteriori sur la pratique ancienne de la médecine, si l’on a pas un minimum de culture sur l’histoire de la médecine. Non, il n’est pas possible de résumer la pratique de la médecine à celle caricaturale de Molière, à des saignées et des lavements. Certes, il y a du vrai, mais certaines pratiques comme la césarienne ou la trépanation pour ne citer que celles-là, sont bien antérieures et toujours utilisées de nos jours. Dois-je aussi rappeler les cures thermales dont le principe n’a guère changé depuis l’antiquité et que la médecine continue de prescrire, mais là aussi, c’est un autre débat.

Le second, concerne la « petite leçon morale » sur Saturnin, Skippy, et autre Willy… affreusement traités, voir torturés ou tués lors des tournages (vous m’excuserez de dévoiler ainsi la la fin). Je trouve là aussi une forme d’arrogance dans la démarche. Monsieur Pelloux, sur le même sujet, il manque un dernier chapitre, sur les victimes – en dehors des inévitables aléas thérapeutiques et des erreurs médicales – sur les victimes volontaires des médecins. Il n’aurait pas été inutile d’expliquer comment on connaît si bien l’agonie des victimes plongées dans l’eau glacée ? Vous n’êtes pas non plus sans savoir des expériences de l’unité 731, du docteur Mengele et ses collègues, les expériences sur les condamnés à mort au fil des siècles et des millions d’animaux eux aussi maltraités à des fins médicales (encore aujourd’hui).

Bref, malgré ce petit coup de gueule, cela n’enlève en rien à l’intérêt de l’ouvrage que j’ai sincèrement apprécié. Et je conclurai par : À quand la suite ? Il reste de nombreux cas intéressants comme celui de Thoutankamon – qui n’a pas été assassiné soit dit en passant – Henri II soigné par le père de la chirurgie moderne, Ambroise Paré, Charles VII, Louis X, Socrate victime de ses pairs et de nombreux autres… J’attends avec impatience la suite…

Partager sur :

Sortie du neuvième album de Murena, les épines

Vous connaissez ma passion pour l’histoire et pour la bande-dessinée depuis de nombreuses années maintenant. Parmi les séries que je suis depuis très longtemps, il y a Murena, que j’apprécie tout particulièrement. Pour ceux qui ne connaîtraient pas la série créée par Dufaux et Delaby, elle se situe dans la Rome antique sous le règne de l’empereur Néron. Tout un programme…

J’éprouve un réel plaisir à me replonger dans cette époque aussi tourmentée que passionnante dans des décors magnifiquement restitués avec un scénario autour de Lucius Munera s’inscrivant dans la grande Histoire omniprésente. Avec ce neuvième tome, on est replongé au lendemain du grand incendie de Rome, et aux premières exécutions de chrétiens, accusés d’en être à l’origine. On croise dans cet épisode, les derniers moments de saint Pierre à Rome.

J’invite donc, les inconditionnels de la série à découvrir ce dernier opus, et ceux qui ne la connaissent pas encore à le faire et devenir à n’en pas douter rapidement de nouveaux fans.

Bonne lecture.

Partager sur :

Bernal Diáz del Castillo et Aliénor d’Aquitaine

Bon, encore un mot pour faire vous faire partager deux lectures personnelles de ces derniers jours (hé, comme beaucoup, j’ai fait le pont en mai), à commencer par le deuxième des trois tomes de la série des bandes dessinées « Les reines de sang »consacrée à Aliénor d’Aquitaine. Ce deuxième tome est consacré à l’année 1143. L’album fait la place à une reine qui affirme sa force devant un roi qui semble s’effondrer ; attendons de voir le dernier tome pour continuer à voir l’évolution du personnage. J’avoue que c’est toujours pour moi un réel plaisir que d’admirer le travail de reconstitution visuel et de me replonger dans ces périodes tourmentées de l’histoire.

Le second ouvrage est une découverte fortuite en traînant dans les librairies. Si vous aimez l’histoire des civilisations précolombienne ou la grande épopée de la conquête espagnole de l’Amérique, vous avez peut-être entendu parler de l’ouvrage attribué à Bernal Diáz del Castillo, l’Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle-Espagne. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, cet ouvrage relate l’ensemble des événements de la conquête espagnole vu par un des membres de l’expédition lui-même. C’est un témoignage passionnant, dont on ne peut guère remettre en question les faits qui y sont relatés. Et pourtant… Moi-même, j’avoue avoir été un peu surpris de l’existence du témoignage d’un simple homme de troupe à cette époque où la lecture et l’écriture étaient réservées à une part infime de la population. Christian Duverger, dans son ouvrage « Cortés et son double » à fait une étude des plus poussée sur cet ouvrage et son auteur pour apporter un éclairage nouveau. Le sous-titre parle même, d’une mystification ; tout est dit… L’ouvrage pointe systématiquement les incohérences contenues dans l’ouvrage lui-même, dans la biographie de l’auteur et retrace l’histoire de ce manuscrit. Je dois reconnaître que l’ensemble des arguments développés dans ce livre sont parfaitement étayés et convaincants et vous invite donc à découvrir qui se cacherait derrière l’Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle-Espagne.

Bonne lecture à toutes et tous sur le thème de l’histoire.

Partager sur :

Série les reines de sang

J’aimerais juste partager une découverte, et un coup de coeur, pour une série de bandes dessinées consacrée à l’histoire Les Reines de sang, même si je trouve que le titre est un peu racoleur. A l’heure actuelle, il est sorti le premier tome de deux séries d’album, l’un consacré à la reine Aliénor d’Aquitaine épouse du roi de France Louis VII et l’autre à la reine Isabelle de France, épouse du roi d’Angleterre Edouard II.

Les deux séries publiées par Delcourt, sont donc Aliénor, la légende noire et Isabelle, la Louve de France. Voici donc deux bonnes raisons de se replonger dans l’histoire en plein Moyen-âge au temps des Croisades et au temps des Templiers et de passer un bon moment en redécouvrant cette période de façon ludique.

Bonnes lectures à tous et à toutes.

Partager sur :

Épilogue du 20 juillet 1789 au 14 mars 1790

Le 20 juillet, j’eus le malheur de perdre M. David Nelson qui mourut d’une fièvre inflammatoire.

Je le regrettai infiniment ; il s’était acquitté avec beaucoup d’attention et d’activité de l’objet de sa mission et je l’avais toujours trouvé prêt à seconder toutes mes idées pour le bien du service que nous avions à remplir. Il avait été fort utile aussi sans cette dernière traversée jusqu’à Timor, pendant laquelle il m’avait donné beaucoup de satisfaction, par le courage et la patience dont il avait donné l’exemple.

Le 21 juillet : j’employai cette journée à assister aux funérailles de M. Nelson. La bière fut portée par douze soldats vêtus de noir, précédés par le ministre. Je marchais ensuite, accompagné du gouverneur en second ; après nous, venaient dix habitants de la ville et les officiers des vaisseaux qui étaient dans le port, et enfin mes propres officiers et mon équipage.

Après avoir lu les prières et l’office de l’enterrement, le corps fut inhumé derrière la chapelle, dans le cimetière appartenant aux Européens de cette ville ; je fus bien affecté de n’avoir pu me procurer une pierre pour pouvoir mettre, avec une inscription, sur sa tombe.

C’était le second voyage de M. Nelson dans la mer du Sud ; il avait été du dernier voyage du capitaine Cook où M. Banks l’avait employé pour lui faire une collection de plantes, graines et objets d’histoire naturelle ; et voilà qu’après avoir fait le plus difficile, plein de reconnaissance envers la Providence et au moment où il s’y attendait le moins, la nature lui demande son tribut.

Je m’embarquai le 20 août, après avoir pris congé cordialement de mes excellents hôtes ; nous fîmes voile du port de Coupang, en nous saluant réciproquement avec le fort et les bâtiments qui étaient au mouillage. M. Van Este était expirant au moment de mon départ. Nous devons à ce gouverneur les témoignages les plus vifs de reconnaissance, pour les procédés et les attentions dont il nous a comblés, malgré l’état fâcheux de sa santé. Il est malheureux de ne rendre ce tribut qu’à sa mémoire. Nous avons eu également à nous louer de M. Wanjon, second du gouverneur qui, non moins humain et non moins disposé à nous rendre service, n’a cessé de nous obliger ; et qui lorsque je trouvai de l’embarras à me procurer des fonds de la part du gouvernement pour pouvoir acheter un bâtiment, me le fit avoir sur son propre crédit. Sans ce secours essentiel, il est certain que j’aurais manqué l’occasion de la flotte de Batavia pour l’Europe au mois d’octobre. Je n’ai d’autre moyen de reconnaître tant de bienfaits, que mes sentiments et l’éternel souvenir que j’en conserverai.

M. Max, chirurgien de l’endroit, s’est comporté avec nous de la manière la plus obligeante et la plus généreuse ; il donna ses soins à tous, et lorsque je voulus lui faire accepter un paiement ou lui demander un compte, je ne pus obtenir de lui, pour toute réponse, sinon qu’il n’avait fait que son devoir.

Coupang est situé par les 10° 12′ de latitude sud et par 124° 41′ de longitude est du méridien de Greenwich.

Le 29 août, je passai à l’extrémité occidentale de l’île de Flores, à travers un détroit fort dangereux, semé d’îles et de rochers. Lorsque j’eus atteint 8° de latitude sud, je fis route à l’ouest et passai les îles de Sombava, Lomboc et Bali ; enfin j’atterrai sur Java le 6 septembre. Je continuai alors de faire route à l’ouest par le détroit de Maduré.

Le 10 septembre, je mouille devant Passourouang, par 7° 36′ de latitude sud et à 1° 44′ en longitude, à l’ouest du cap Sandana qui est à l’extrémité du N. E. de l’île de Java.

J’appareillai le 11 et j’arrivai le 13 à Soutabia, par 7′ 11′ de latitude sud et 1° 52′ de longitude ouest du cap Sandana.

Le 17 septembre, je fis voile de Soutabia et je mouillai même jour à Crissey d’où je repartis après y avoir séjourné deux heures. La latitude de Crissey est de 7′ 9′ sud et la longitude 1° 55′ ouest du cap Sandana. Ayant dirigé ma route vers Samosang, j’y mouillai le 22 septembre. La latitude de Samosang est de 6° 54′ sud, sa longitude 4° 7′ ouest.

Le 26 du même mois, j’appareillai de là pour Batavia où je mouillai le premier octobre ; sa latitude est de 6° 10′ sud et sa longitude 8° 12′ à l’ouest de l’extrémité la plus orientale de l’île de Java.

Le lendemain de mon arrivée, ayant eu quelques fatigues à essuyer pour parvenir à négocier le débarquement de mes gens qui étaient restés à bord de la goélette, mouillée dans un endroit malsain de la rivière, je fus saisi d’une forte fièvre.

Le 7, on me transporta à la campagne chez le principal médecin, où le gouverneur général me fit dire que je trouverais toute sorte de secours et de soins, et c’est à cela que je dois mon rétablissement. Il me devint cependant indispensable de m’éloigner de Batavia sans délai ; et le gouverneur me donna en conséquence la permission de m’embarquer avec me donna en conséquence la permission de m’embarquer avec. Il m’assura qu’il ferait partir les autres peu après moi, dans la flotte dont le départ était fixé pour tout le courant de ce mois. Il m’observa que j’exposerais beaucoup ma santé à rester plus longtemps dans cet endroit et que d’ailleurs il lui était impossible de nous donner passage à tous dans le même vaisseau. Il était donc essentiel de partir tout de suite, quand même ma santé ne l’aurait pas exigé. En conséquence, je m’embarquai sur le paquebot le Vlydt qui appareilla le 16 octobre.

Le 16 décembre, j’arrivai au cap de Bonne-Espérance où je commençai à sentir le retour de ma santé ; quoique j’aie encore après continué d’être faible et languissant.

Le gouverneur général de l’île de Java et toutes les personnes qui y occupent des emplois, m’ont comblé d’honnêtetés et d’attentions ; j’ai reçu aussi mille politesses et des marques de la plus sincère affection de la part de M. Van de Graaf, gouverneur du cap de Bonne-Espérance. Nous partîmes du cap pour l’Europe le 2 janvier 1790 ; et le 14 mars, je fus mis à terre à Portsmouth par un bateau de l’île de Wight.

Partager sur :