Lundi 8 juin 1789

Les vents bon frais à l’est et à l’E. S. E., avec de forts grains de vent et de pluie.

Cette journée, nous eûmes la mer très haute et nous en fûmes continuellement mouillés ; nous souffrîmes beaucoup du froid toute cette nuit. Je commençai à m’apercevoir que M. Ledward chirurgien et Laurent Lebogue, qui était un vieux mais excellent matelot, dépérissaient l’un et l’autre à vue d’œil. Tout ce que je pus faire pour les secourir, fut de leur donner une cuillerée à café ou deux de vin que j’avais gardé soigneusement, pour un cas pareil. Je remarquai dans le plus grand nombre des autres, une envie de dormir plus qu’ordinaire, qui semblait indiquer l’épuisement total de leurs forces. Je distribuai la ration ordinaire de biscuit et d’eau, tant pour le souper que pour le déjeuner et le dîner ; nous vîmes plusieurs de ces oiseaux nommés gannets.

À midi, je pris hauteur, qui me donna 8° 45′ de latitude sud ; la route corrigée me valut l’O. N. O.4° 26′ O. ; chemin estimé 106 milles ; longitude 8° 23′ ouest.

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A propos de Franck 65 Articles
Passionné par l'histoire et travaillant dans le domaine des nouvelles technologie depuis plus de 10 ans est l'auteur du site www.e-chronologie.org, présent sur Internet depuis janvier 2001.